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La maladie d'Alzheimer

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Introduction

La Maladie d’Alzheimer est décrite pour la première fois en 1906 par le docteur Aloïs Alzheimer chez sa patiente Auguste D.

Définition

  • La Maladie d’Alzheimer est une démence neurodégénérative, évolutive et irréversible.
  • Cette maladie se traduit par des troubles cognitifs et comportementaux.
  • D’un point de vue organique, on observe l’apparition de plaques séniles et de dégénérescence neurofibrillaire.
  • La Maladie d'Alzheimer est fréquente chez les personnes âgées (elle peut cependant apparaître également chez des personnes plus jeunes; 2% des personnes diagnostiquées malades d’Alzheimer ont moins de 65 ans). Elle n'est presque jamais héréditaire, sauf dans la très rare forme familiale. Il est donc inutile de s'alarmer même si plusieurs membres d'une famille en sont atteints.

Prévalence

  • En Belgique, on estime que 85 000 personnes sont atteintes de la Maladie d’Alzheimer.
  • La Maladie d’Alzheimer est la forme la plus fréquente des pathologies démentielles (+/- 50 % des démences répertoriées).

Age

  • Le facteur de risque le plus important dans le développement d’une démence de type Alzheimer est l’âge. Plus on vieillit, plus on a de risque de développer cette pathologie (+/- 20% des personnes de plus de 85 ans).

Sexe

Sur l’ensemble des personnes diagnostiquées Malades d’Alzheimer, on dénombre plus de femmes que d’hommes. Phénomène dû à une espérance de vie plus grande pour les femmes que pour les hommes.

Symptômes et signes cliniques

Les fonctions décrites ci-dessous correspondent à un stade débutant de la maladie. De par sa nature évolutive, la Maladie d'Alzheimer provoque un déclin de ces fonctions en rapport avec l'évolution de la Maladie.

  • Mémoire : la mémoire à court terme est la première atteinte. De façon concrète, la personne AD a des problèmes pour se rappeler des événements récents, de l'endroit où elle a rangé un objet, du prénom de ses petits-enfants, … Ensuite, les problèmes de mémoire touchent également des souvenirs plus anciens. Il faut remarquer que les souvenirs les plus lointains sont ceux que la personne AD conserve le plus longtemps.
  • Langage : au début de la maladie, la communication est peu touchée. Il est possible que la personne parle un peu moins qu'avant et ait du mal à trouver certains mots, mais c'est peu marquant pour celui ou celle qui ne vit pas avec la personne.
  • Comportement: au premier stade de la maladie, la personne AD peut présenter des sautes d'humeur, de la dépression, peut nier ses problèmes de mémoire, se montrer renfermée lorsqu'elle se trouve en groupe (mais comprend-elle tout ce qui se dit autour d'elle?).
  • Capacités cognitives : la personne AD peut avoir des problèmes pour tenir ses finances, mener des activités familières comme jouer aux cartes,… Ensuite, cela s'aggrave : la personne a des difficultés à faire des choix, à calculer, à raconter une histoire, à rapporter un appel téléphonique,…
  • Habileté motrice : au départ, la coordination motrice est bonne; la seule remarque à effectuer concerne les réflexes ralentis (Attention à la conduite automobile). Avec l'évolution de la maladie, des problèmes d'équilibre, de marche, de raideur ainsi qu'une moins bonne coordination des mouvements peuvent apparaître.
  • Activités quotidiennes : au premier stade, la personne AD a peu de problèmes pour gérer son quotidien. On relève certaines difficultés comme, par exemple, le fait de continuer à mettre la table pour 4, alors qu'il n'y a plus que 2 personnes présentes dans la maison, les enfants ayant quitté le domicile parental, confondre les saisons et se vêtir d’un survêtement en plein été,…

Techniques de diagnostic

Actuellement, il n’est toujours pas possible d’établir un diagnostic certain de la Maladie d’Alzheimer. En effet, il n'existe pas de marqueur biologique pour identifier cette pathologie. Cependant, sur base d’un examen neurologique et neuropsychologique poussé, on peut prononcer ce diagnostic avec une certitude de 90%, ce qui est suffisant pour envisager des traitements médicamenteux et non-médicamenteux.

 

Remarque : le diagnostic différentiel est important à plus d’un titre : il permet entre autres d’éliminer les causes curables qui pourraient expliquer les symptômes constatés chez la personne.

  • Anamnèse

L’anamnèse est un entretien avec la personne AD (atteinte de démence) et son entourage. Cet entretien porte sur la personne malade : sa scolarité, sa vie familiale, son parcours professionnel, ses antécédents médicaux, ses habitudes alimentaires, son rôle social, ses difficultés dans la vie quotidienne, l’apparition des premiers troubles, …

Le but pour le médecin est d’avoir une vision globale de la situation, pour qu’il puisse évaluer si il s'agit effectivement d'une régression intellectuelle due à une démence.

  • L’examen médical

L’examen comprend des tests cliniques, neurologiques et neuropsychologiques.

    • Les tests cliniques et neurologiques
      • Les tests cliniques sont des examens visant à éliminer toute autre cause de déficits mentaux comme une carence en vitamine, un mauvais fonctionnement hormonal, une infection importante, des problèmes cérébraux,… Il est également important de tester la vue et l’ouïe, qui peuvent causer des problèmes importants de communication.
      • Les tests neurologiques servent à donner la meilleure image possible de l’activité et de l’anatomie du cerveau. Plusieurs tests sont utilisés :
        • L’électroencéphalogramme (EEG) : cet examen a pour but de voir l’activité électrique du cerveau. Sans entrer dans les détails, le tracé dans la  Maladie d’Alzheimer est souvent ralenti et de faible amplitude
        • Scanner (tomodensitométrie) : cet examen permet de mesurer l’épaisseur du tissu cérébral. Une diminution de cette épaisseur dans certaines régions du cerveau peut être observée dans la Maladie d’Alzheimer.
        • Imagerie par Résonance Magnétique (IRM) : elle fournit des images assez précises du cerveau. Si on effectue cet examen à quelques mois d’intervalle, on peut voir des changements dans la structure du cerveau, et ce dans les stades précoces.
        • Tomographie par émission monophotonique (SPECT) : elle renseigne sur le débit sanguin. Dans la Maladie d’Alzheimer, on constate que ce débit est réduit.
        • Tomographie par émission de positrons (PET) : cet examen permet d’étudier le fonctionnement cérébral. Chez les personnes AD, on peut constater une utilisation anormale du sucre (glucose) par le cerveau.
      • Les tests neuropsychologiques : Le MMSE est le test le plus fréquemment utilisé car il est rapide et qu’il donne des informations précieuses sur la mémoire à court terme, l’orientation dans l’espace et le temps,… et qu'il est indispensable pour obtenir le remboursement des médicaments. Généralement, le médecin traitant administre lui-même ce test et envoie, s'il le juge nécessaire, son patient chez un neuropsychologue pour approfondir l’examen. Cet examen approfondi constitue le moyen d’évaluer la capacité d’orientation dans le temps et l’espace, la mémoire et les capacités de concentration. On peut le faire grâce à différents tests (ces tests sont des questionnaires portant sur la vie de la personne, des reconnaissances d'images, des associations d'idées, …). La Maladie d’Alzheimer, dans les stades précoces, peut être diagnostiquée grâce à deux examens neuropsychologiques effectués à +/-6 mois d’intervalle. Pourquoi 6 mois ? Simplement parce que la Maladie d’Alzheimer est une démence dégénérative, évolutive et irréversible et que dans ce laps de temps, on pourra probablement observer une diminution des résultats par rapport aux premiers tests (l’évolution confirme le diagnostic initial).

Traitement médicamenteux et non médicamenteux

Actuellement, il n’existe pas encore de traitement curatif de la Maladie d’Alzheimer.

Néanmoins, deux types de traitement peuvent être proposés.

  • Traitement médicamenteux

Il existe actuellement des médicaments (inhibiteurs de la cholinestérase) qui atténuent les troubles cognitifs de cette pathologie. Ces médicaments sont recommandés en début de maladie, ils ne freinent pas son évolution organique mais en atténuent les symptômes et normalisent le comportement. Ils ont pour effet d’améliorer la qualité de vie du malade et de son entourage. Ces médicaments sont remboursés sous certaines conditions.

  • Traitement non médicamenteux

Nous citerons trois interventions possibles mais sans les développer :

    • La poursuite des activités habituelles
    • L’accompagnement relationnel (concept analogue aux soins palliatifs)
    • La milieu thérapie (valorisant, normalisant , sécurisant)

Durée

L’évolution de chaque personne atteinte par cette pathologie est unique. Classiquement, on peut dire que la Maladie d’Alzheimer évolue sur une période moyenne s’étendant de 9 à 15 ans à partir du diagnostic et en fonction de l’âge.

Evolution

La Maladie d’Alzheimer est un processus progressif. Classiquement, cette pathologie est divisée en 3 grands stades :

 

Le stade débutant

Ce stade est principalement caractérisé par des troubles de la mémoire à court terme : la personne oublie les événements récents tels que l’endroit où elle a posé ses clefs, le nom d’objets courants, elle ne prend plus correctement ses médicaments, …

Des difficultés d’attention commencent à apparaître : la personne perd le fil de la conversation, peut avoir des problèmes à suivre l’intrigue d’un feuilleton télévisé ou d’un livre, …

L’orientation dans l’espace est atteinte. La personne peut avoir du mal à trouver son chemin tant dans un lieu peu familier que « en terrain connu ».

Les capacités d’abstraction sont touchées : la personne éprouve des difficultés à gérer son argent, à mener à bien des activités familières comme préparer le repas, …

 

Le stade intermédiaire

La maladie progresse et la personne devient de plus en plus dépendante de son entourage.

Les problèmes mnésiques s’amplifient : les souvenirs des événements anciens deviennent moins précis, le lien entre le visage et le nom des proches peut poser problème (le proche est reconnu mais plus nommé), …

L’orientation dans le temps est atteinte : les personnes peuvent ne plus connaître le jour de la semaine, la saison, l’année, les anniversaires et fêtes habituelles…

Les mouvements sont moins bien coordonnés. Cela a des conséquences sur les actes de la vie quotidienne tels l’habillement, la toilette, la prise de repas, …

La personnalité du malade peut être affectée : renforcement ou changement des traits de personnalité préexistants, sautes d’humeur fréquentes, retrait sur soi, apathie, …

Les problèmes de communication s’aggravent. La personne a de plus en plus de difficultés à s’exprimer verbalement et à comprendre ce que son entourage lui dit. Elle répète sans cesse les mêmes phrases, mots ou syllabes. Le langage écrit est également atteint.

 

Le stade avancé

La personne ne peut plus subvenir à ses besoins et devient totalement dépendante de son entourage pour toutes les activités de la vie quotidienne (alimentation, hygiène, soins médicaux, communication avec le monde extérieur, …)

Des soins constants sont nécessaires.

Remboursement

Association(s) de patients

Autre(s) site(s) internet(s)

www.alzheimer.be

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