Fiches pratiques

Boire et manger

L’alimentation, c’est-à-dire boire et manger, devient un problème, tôt ou tard, pour la plupart des personnes atteintes de démence.

Souvent, au cours de la maladie, le patient ne s’alimente plus/pas suffisamment.

Ceci peut avoir des raisons diverses. Souvent le patient oublie tout simplement les repas ou bien il croit avoir déjà mangé. Peut-être n’a-t-il pas de sensation de faim par manque d’activités physiques. Ou bien le patient peut avoir quelques problèmes à mastiquer et avaler. La prise des aliments est en plus une démarche très complexe. Il peut avoir des difficultés à utiliser les couverts, et le choix très vaste des aliments et la nécessité de prendre une décision peut le dépasser. Et peut-être ne peut-il même plus distinguer les aliments des autres objets sur la table. Ou encore a-t-il honte de ne plus savoir se conformer aux manières de table attendues. Toutes ces raisons et d’autres encore peuvent amener le patient à refuser de s’alimenter.

Il peut se produire aussi la situation inverse au point que le patient ne cesse de manger.

Ceci dépend souvent du fait qu’il a oublié avoir déjà mangé. En plus, il a perdu la connaissance et le jugement qui lui permettraient de remarquer ses troubles d’alimentation et de les rectifier.

Il faut se rappeler que boire et manger ne servent pas seulement à l’alimentation. Pour la personne atteinte de démence, l’acte de se nourrir correspond à une activité de plaisir. Les repas sont souvent liés à des habitudes et traditions anciennes et permettent au patient de s’orienter dans la journée et même dans une saison, un événement festif. Manger en compagnie d’autres personnes est aussi un rituel social important.

L’autonomie optimale lors de la prise du repas est également importante. Elle soutient l’estime de soi, sa confiance en lui-même quand le patient peut exécuter un maximum de gestes seul, même si cela peut amener quelques problèmes.

Le fait que le patient ne mange pas proprement n’est pas une raison suffisante pour lui donner la « becquée ».

Des remarques critiques et recommandations permanentes n’apporteront pas le résultat escompté car elles renforcent le sentiment d’incapacité de la personne.

Dans le prochain Bloc-notes, vous trouverez quelques indications pratiques pour faciliter la prise des aliments et ce à quoi il faut être particulièrement attentif dans la nutrition de la personne atteinte de démence.

Extrait et traduit par Sabine Henry du livre « Quand la mémoire nous quitte » du Ministère de la Santé fédérale allemande.

Publié dans le Bloc-Notes (trimestriel de la Ligue Alzheimer) n°47

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