Fiches pratiques
Comportement agressif (2)
Pour prévenir l’agressivité, il est important de chercher les causes de ce comportement et de les supprimer. Il peut donc être utile de savoir quand, où et dans quelles conditions ce comportement se produit. Les causes principales sont : la honte, l’impuissance ou une demande excessive de la part de l’entourage ; il est donc important que celui-ci adapte son propre comportement et crée un environnement en fonction des pertes cognitives dues à la maladie de la personne. Si par exemple, les proches évitent de corriger constamment la vision du malade, on peut éviter pal mal de discussions ou de disputes.
Réduire les tensions
Pour réduire les tensions, il peut être aidant de tenir compte à temps des attendes et des besoins de la personne ou de lui proposer une activité ou une promenade. Si l’agressivité ne s’exprime « que » verbalement, il est important de signaler à la personne qu’on peut comprendre sa colère, en disant : « Je peux comprendre que tu sois en colère, s’il m’arrivait pareil chose, je me fâcherais aussi. » Peut-être est-il même possible de se « fâcher » ensemble d’une situation désagréable. N’oubliez pas que l’agressivité fait partie de notre manière d’être et qu’elle est aussi l’expression de notre vivacité et volonté de survivre. La surcharge due à l’attention constante au malade , provoque chez l’entourage l’irritation et ….. Le comportement agressif de la personne démente peut être aussi une réaction à la tension et au stress de l’entourage. C’est pour cette raison qu’il est indispensable que l’entourage veille aussi à son propre bien-être et son équilibre psychique.
Prendre soins de soi-même évite aussi l’escalade dans la relation soigné - soignant. Dans une situation de crise et lors des accès d’agressivité, les indications suivantes peuvent être utiles :
- Tenter de supprimer autant que possible les causes du malaise et de contenter les besoins du malade
- Garder la tête froide et essayer de prendre du recul ( ex. compter jusqu’à 10, quitter la pièce , etc.)
- Aborder si possible le malade calmement et éviter des discussions et des recommandations
- Ralentir la conversation en disant « Attends, je n’arrive pas à te suivre, que s’est-il passé ? »
- Signaler votre compréhension. Parler moins, écouter plus
- Pour baisser la tension, laisser le malade se remuer ou marcher
- Ne le toucher que si vous êtes sûr qu’il est d’accord, mais rester à proximité.
- Eviter des actions qui pourraient provoquer chez le malade un sentiment de menace ou coincé.(la main levée subitement peut renforcer son excitation)
- De temps en temps, il est nécessaire d’indiquer d’une manière calme et aimable, les limites à ne pas franchir.
- Quand la situation s’est un peu calmée, il peut être utile de changer de sujet, de lieu ou d’activité afin de détendre d’avantage la situation.
En tant que soignant, il ne vous est pas toujours possible de garder votre calme. Mais si dans une situation tendue, vous exploser ou vous perdez votre calme, ne vous morfondez pas en reproches. Voyez ces éclats plutôt comme des signes de votre surcharge et comme un appel à vous faire aider, à vous faire du bien et non comme une incitation à faire encore plus.
- Si des agressions se produisent souvent, vous devez en parler aux personnes en qui vous avez confiance et chercher du soutien chez des soignants professionnels ( ex : médecin , assistant social , etc.) Dans certains cas, un traitement médicamenteux peut être l’unique alternative même si elle n’est pas idéale.
Publié dans le Bloc-Notes (trimestriel de la Ligue Alzheimer) n°36

