Fiches pratiques
Rester actif(2)
Choix d'activités utiles et valorisantes
Il n'est pas facile d'évaluer les incapacités dues à la maladie. Ceci a comme conséquence qu'on a des attentes soit trop élevées, soit trop basses vis- à- vis du malade. Or de fausses attentes entraînent toujours déception et tension dans la relation interpersonnelle.
Particulièrement au début de la démence, quand l'incapacité est souvent interprétée comme un manque de volonté ou d'intérêt et que l'entourage exige trop du malade. Ces exigences trop élevées peuvent déclencher des accès de panique, d'agression ou de repli. Ou bien l'entourage réagit par une surprotection et un soutien excessif au comportement de désarroi et à la passivité. La sous-exigence permanente peut entraîner la perte progressive de l'estime de soi du patient. Il se sent alors comme sous tutelle et plus malade qu'il n'est réellement. On peut alors observer chez lui des réactions comme de la colère, une inquiétude grandissante et un repli résigné. La surprotection augmente la dépendance et l'incapacité du malade et accroît ainsi la charge du soignant.
Veiller à éviter des exigences exagérées et à ne pas surprotéger le patient sont parmi les tâches les plus importantes dans l'accompagnement du malade à domicile.
Pour avoir un éventail d'activités adéquates, il peut être utile de prendre conscience des domaines d'activités dans lesquels le malade excelle malgré sa maladie. Certaines de ces capacités restantes, qui peuvent être des points de départ d'activités valorisantes, vont être présentées dans la suite.
Beaucoup de possibilités d'être actif découlent de l'exercice d'activités connues. Des patients déments restent encore longtemps capables de faire des choses qu'ils faisaient bien et avec plaisir auparavant. On compte parmi celles-ci des activités habituelles de la vie courante comme faire le ménage ou des comportements sociaux usuels parce qu'ils n'exigent pas de réflexions complexes et se déroulent souvent selon un automatisme bien intégré.
Etant donné que le passé du malade va gagner de plus en plus en signification et en importance, il devient essentiel de ranimer l'intérêt pour des activités se rapportant aux événements et aux relations de ce passé. Des tentatives irréalistes d'inciter le malade à se souvenir de choses précises et les relier aux activités anciennes sont à éviter.
Faire des choses ensemble avec quelqu'un procure particulièrement le sentiment d'être accepté et d'avoir encore une valeur aux yeux de l'autre. Même si le malade ne peut plus participer activement, il peut avoir le sentiment d'appartenance au groupe et être rassuré en étant présent lors de ces activités.
Publié dans le Bloc-Notes (trimestriel de la Ligue Alzheimer) n°38

